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Le patrimoine bâti

Les-Mollards-des-Aubert en 1917

Située sur les hauts du Brassus, les Mollards-des-Aubert a été la dernière ferme d’altitude habitée à l’année de l’arc jurassien jusqu’en 1962.

Construit en 1726 par des Aubert du Brassus, le bâtiment est classé « monument historique », recensé d’intérêt régional (NRA 2). Il constitue un témoignage unique, ayant été la dernière ferme d’altitude habitée à l’année de tout le Jura suisse jusqu’en 1962. Parfaitement représentatif de l’habitat jurassien, la ferme est partagée dans le sens du faîte en deux moitiés semblables, chacune avec son «tuyé», une grande cheminée tronconique en bois utilisée pour fumer la viande et faire le fromage. L’un d’eux a disparu dans les années 1930 pour faire place à l’atelier de l’artiste Pierre Aubert.

Le domaine a longtemps permis une survie modeste à ses propriétaires. Un puits permet de capter la source à proximité et la bonne exposition du petit vallon autorisait la culture de pommes de terre, de légumes sur les terrasses de pierre sèche et de quelques céréales.

Au fil des générations, la famille Aubert développe de la petite industrie : coutellerie, minoterie, pièces d’horlogerie et polissage de pierres, et même chocolaterie. C’est ainsi que des lames de couteaux ont encore été trouvées dans le jardin, des moules à chocolat réapparaissent dans le grenier. Les établis d’horloger sont encore visibles à l’étage.

Pour en savoir plus: lire l’article de Béatrice Lovis sur la ferme horlogère des Mollards (Revue historique vaudoise, 2025).

La ferme avant et après restauration.

La ferme aujourd’hui

L’autonomie de la ferme des Mollards, qui n’a jamais été raccordée au réseau électrique ni connu l’eau courante, a été mise au cœur du projet de restauration, qui s’est achevé en 2026, à l’occasion des 300 ans de la bâtisse. Ainsi les matériaux d’isolation choisis sont compatibles avec les matériaux historiques, l’énergie solaire est optimisée et traitement des eaux usées se fait désormais grâce à un système pionnier composé d’un lombrifiltre et d’un mur végétalisé d’évaporation. Le débit de la source à proximité étant faible, les eaux de pluie sont aussi récupérées dans de grandes cuves souterraines.

Les boiseries de l’appartement du rez ont été restaurées, une cuisine et des sanitaires installés. Cet appartement est désormais loué pendant la belle saison. L’étage est conservé en l’état, avec le salon, la cuisine et ses frises peintes, les chambres boisées et l’atelier de l’artiste Pierre Aubert. Il sera adapté en espace muséal dès l’été 2027.

C’est la valeur patrimoniale du bâtiment qui est à l’origine de l’engagement de Patrimoine suisse et de sa section vaudoise, partenaires du projet.

Récemment restaurée, la ferme accueille les amateurs de nature et de lieux chargés d’émotion.